Portrait de la Vallée de l’Adour
Dernière mise à jour : 14 octobre 2022
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LIMITES
Avec le Tursan et la Chalosse
Le coteau en rive gauche forme une limite très nette à la vallée de l’Adour avant de basculer dans les collines du Tursan et de la Chalosse. A l’ouest de la Chalosse, le coteau s’estompe progressivement, formant une transition plus douce au niveau de l’agglomération dacquoise.
Avec le Bas-Armagnac-Landais
Le passage au Bas-Armagnac-Landais se fait tout en transition avec en rive droite la terrasse entrecoupée de plusieurs ruisseaux qui laisse place à un relief ténu.
Avec le Marsan
Les terrasses en culture en rive droite de la vallée de l’Adour laissent place, tout en transition, au paysage du Marsan alternant bois et cultures.
Avec la Grande Lande
Entre la confluence avec la Midouze et l’agglomération dacquoise, la rive droite est marquée par un petit talus de terrasse, au-delà duquel le relief plat et les forêts de pins indiquent le passage à la Grande Lande.
Avec le Gosse-Seignanx
D’abord peu prononcé au nord, le coteau forme une transition agricole. Ensuite il s’affirme très nettement et forme une limite forte.
Avec les Pyrénées- Atlantiques au sud
Le coteau symétrique au sud du fleuve (hors département) constitue la limite sud de la vallée de l’Adour, avant les reliefs du Pays Basque.
PORTRAIT SENSIBLE
Une vallée et un fleuve peu lisible
Sur la carte, l’Adour traverse d’est en ouest la totalité du département des Landes, traçant une vallée continue. Sur place, si le fleuve et ses abords humides constituent une réelle limite physique, force est de constater que la perception de la vallée reste limitée et fragmentée sur une grande partie de son linéaire. Seule la dernière partie, l’Adour Maritime, s’affiche clairement avec un fleuve d’une belle ampleur et des coteaux symétriques bien lisibles. Ailleurs, les coteaux dissymétriques sont moins présents. A cela il faut ajouter la largeur du fond de la vallée et des terrasses, qui amoindrit l’identification et la lecture de la vallée. Le fleuve, lui-même, bien que se manifestant par des crues saisonnières, reste discret dans la végétation et ne s’offre pas au regard, même depuis les belvédères des coteaux. Il ne se révèle qu’au moment de sa traversée. Mais c’est indéniable la vallée est bien là, créant globalement une large séparation tout en transition, entre le plateau forestier landais au nord et les ondulations agricoles de la Chalosse et du Tursan au sud.
Une vallée nuancée aux multiples visages
La vallée de l’Adour change d’ambiances et de configuration plusieurs fois au cours de son parcours. Ainsi sur toute la partie amont, c’est le coteau en rive gauche qui se dresse dominant une vallée cultivée de maïs et l’ambiance naturelle de l’Adour avec les saligues. Puis on rencontre avant Dax un fond de barthes boisées de bonne ampleur, mais peu de repère des coteaux. Au niveau de Dax, l’urbanisation colonise les deux côtés de l’Adour cadré par des digues. Les coteaux sont très peu présents. De l’agglomération jusqu’à la confluence avec les gaves, le fleuve reste calibré et les barthes prairiales forment de grandes ouvertures isolées. La dernière partie, l’Adour maritime, montre un fleuve large et majestueux, bordé de coteaux qui l’encadrent.
Barthes et saligues : des univers intimes
Barthes et saligues sont une caractéristique majeure de la vallée de l’Adour, composant des paysages si particuliers. Ouvertes ou fermées, ces étendues constituent toujours des « cœurs cachés » dans lequel on pénètre, à l’écart du reste du territoire. Les barthes prairiales surprennent par leur ouverture plate comme de grandes chambres mais elles gardent tout de même une certaine intimité, limitées par les boisements. Dans un autre registre, les barthes de l’Adour Boisé, nous transposent dans une ambiance forestière profonde avec les chênes de grandes tailles ou les peupleraies. Le développement des arbres, favorisé par les alluvions déposées par les crues, donne une impression de puissance. L’humidité des fonds et la gestion de l’eau par les rigoles ou les fossés qui animent ces lieux, participent à leur diversité et leur découverte, avec une flore et une faune spécifique. Dans la partie amont de la vallée, les saligues proposent un aspect plus dynamique avec les bancs de galets et l’enchevêtrement de la végétation.
Une urbanisation qui côtoie ponctuellement le fleuve
Compte tenu de l’expansion du fleuve à certaines périodes, l’urbanisation a pris place à bonne distance de l’eau, privilégiant les installations en haut de coteaux, avec des situations en belvédère, ou en rebord de terrasses alluviales. Les fonds de la vallée sont majoritairement vides de construction sur une bonne partie de la vallée, notamment dans les barthes, hormis des fermes ou quelques châteaux. Il est à noter cependant dans l’Adour Maritime une succession d’anciennes fermes en bordure des barthes, le long de la digue. Le cœur de l’agglomération de Dax encadre le fleuve, maintenu par des digues. Quelques villages et bourg se sont toutefois implantés à proximité de l’Adour mais à l’abri des crues : Aire-sur-l’Adour, Cazères-sur-l’Adour, Grenade-sur-l’Adour, Saubusse. Les ponts qui y sont liés participent à la vision de ces rares fronts bâtis sur l’eau.
Sous-unité paysagère : l’Adour amont
Un coteau continu face à une plaine ouverte
La présence en rive gauche d’un coteau affirmé d’une soixantaine de mètres de hauteur, qui s’étend de Poyanne à Aire-sur-l’Adour, est la première caractéristique forte de cette sous-unité paysagère. Cette ligne de force continue, majoritairement boisée donc plus sombre, souligne la longueur et la direction de la vallée. En contre-bas, un fond plat et les terrasses alluviales en pentes douces, forment une vaste plaine en polyculture très ouverte, peu arborée. En rive droite, une transition s’établit avec les boisements du Marsan ou du Bas-Armagnac Landais. Le contraste entre la plaine et le coteau est net, ce dernier cadrant les vues. Il permet une lecture du paysage avec les belvédères qui ouvrent des panoramas remarquables. L’Adour, en longs méandres étirés, reste peu lisible et ne se signale que par la saligue qui l’accompagne. Ces milieux humides avec des bancs de galets et une végétation foisonnante, donnent un caractère sauvage au fleuve. En contrepoints artificiels, le fond de vallée est ponctué de gravières, formant des plans d’eau successifs révélant autrement la présence de l’eau.
Des villages et des bourgs en belvédère ou proches du fleuve
Du fait de l’ouverture du paysage et de la bonne visibilité du coteau, l’Adour Amont montre une tonalité habitée. De nombreuses fermes isolées, entourées de leurs terres, ponctuent les terrasses agricoles et leurs champs de maïs. Les villages ou les bourgs se sont installés avec une certaine diversité dans ce territoire. En rive gauche, ils ont colonisé les hauts du coteau, à cheval avec la Chalosse ou le Tursan, en situation de belvédère et offrant de larges panoramas. Ils signalent leur présence par un clocher (Montaut) ou une silhouette urbaine plus visible (Mugron). D’autres, en rive droite, tutoient l’Adour (Cazères-sur-l’Adour, Grenade-sur-l’Adour…), sur un rebord de terrasse. Aire-sur-l’Adour s’est même étendue à flanc de coteau en rive gauche affichant un étagement des maisons.
Sous-unité paysagère : l’Adour boisé
Des barthes boisées imposantes
L’étendue et la largeur de la vallée, renforcées par la confluence avec la Midouze, exacerbent la perception des barthes. L’ampleur des boisements tant en étendue qu’en hauteur impressionne de par son échelle qui leur donne un caractère imposant. La hauteur des arbres allant jusqu’à trente mètres donne un effet de « cathédrale végétale » tant dans les chênaies, aux troncs souples, que dans les peupleraies, plus rigoureuses. Les houppiers des arbres âgés laissent passer la lumière et la filtrent. On a l’impression d’être au cœur d’un monde secret, accentué par la présence de sous-bois humides, drainés par des esteys qui rappellent les crues de l’Adour avec ses sédiments nourriciers. Les cultures et les prairies restent minoritaires et ouvrent de petites clairières cernées de hautes lisières. Les plans successifs renforcent les effets de profondeur. Depuis le rebord de coteaux peu affirmés, l’étendue forestière s’impose, avec en direction du nord la forêt du plateau landais de pins qui y répond.
Un fleuve caché et des terrasses habitées
Au cœur des barthes boisées, l’Adour se révèle souvent au dernier moment. Le fleuve reste confidentiel bien qu’il décrive de nombreux méandres dans le fond de vallée étendu. L’Adour forme un couloir cerné de végétation qui se découvre depuis les ponts, peu fréquents. Ce cadre arboré continu bien au-delà de la ripisylve lui donne un cadre luxuriant. Les galets plus en amont ont laissé place aux sédiments qui teintent l’eau. La largeur du fleuve est régulière, calibrée entre des digues ou la petite marche d’un coteau.
Ponctuellement en rive sud, les grandes cultures remontent sur les terrasses ou les coteaux. Les villages sont implantés légèrement au-dessus des caprices du fleuve, sur le rebord d’une légère terrasse (Gousse, Onard, St-Jean-de-Lier) ou bien sur un petit coteau (Préchacq-les-Bains, St-Vincent-de-Paul, Pontonx-sur-l’Adour).
Sous-unité paysagère : l’Agglomération dacquoise
Un cœur urbain en bord d’Adour
Même si l’agglomération est rattachée à la vallée de l’Adour, elle s’étend finalement bien au-delà sur le plateau landais et la Chalosse. Ainsi cette sous-unité dacquoise est déterminée par son caractère urbain et périurbain qui prédomine et constitue le critère fédérateur de ses paysages. La notion de vallée disparaît d’ailleurs en quelque sorte en raison de l’absence de coteaux marqués et avec le resserrement de l’urbanisation jusqu’aux berges de l’Adour. Le fleuve pas toujours visible en amont, se met ici en scène. Les digues qui l’encadrent et les ponts qui le franchissent forment un balcon sur l’Adour, d’où se perçoivent ses variations de niveau, ses plages en été et ses crues puissantes en hiver. La ville n’est plus tournée économiquement vers la navigation sur le fleuve. Mais les établissements thermaux s’affichent sur la berge rappelant que l’agglomération est la plus grande ville de cure de France. Le rapport au fleuve est ainsi un côtoiement entre contrainte et atout. Le centre ancien dont les restes des remparts romains forment des belvédères, se compose d’ilots denses aux façades continues entrecoupés de petites rues. Fontaine chaude dans le centre et arènes près de l’Adour constituent des points de représentation forts de la ville.
Une périphérie contrastée entre barthes et périurbain
L’urbanisation s’est étalée sur les coteaux le long de la vallée dominant un couloir de barthes non bâties qui forme un contraste fort. Le fond de la vallée, soumis aux crues, est composé d’un patchwork de barthes prairiales et forestières, alternant petites ouvertures et fermetures, où l’intimité règne. Il s’établit un jeu de transparence et de plans successifs dans ce dédale structuré aussi par les rigoles et les petits fossés. Ces barthes sont encadrées sur les hauts de coteaux d’une urbanisation qui s’est développée le long des axes de communication et en périphérie des centres anciens, créant par endroits des conurbations. Les approches de l’agglomération se perçoivent tout d’abord par ses axes concentriques, gardant un caractère routier privilégiant le flux, montrant un paysage de faubourgs aux bâtis composites ou de vastes lotissements résidentiels. Zones industrielles et commerciales forment des étendues au langage et à l’échelle bien différents du reste de l’agglomération : giratoires, parkings, bâtiments imposants… tout proches du fleuve à l’est.
Sous-unité paysagère : l’Adour fluvial
Les courbes des méandres entre les coteaux
Entre le Bec du Gave et l’agglomération de Dax, la vallée de l’Adour offre encore une bonne lisibilité. Le fleuve s’écoule en méandres de courbes variables, plus resserrées au sud et étendues au nord. Les coteaux affirmés et boisés en rive droite, au contact du Gosse-Seignanx, créent des émergences boisées, mises en exergue par le tracé en courbe du fleuve. Côté Chalosse, le coteau plus doux crée une transition souple en croupes agricoles.
Malgré la végétation qui l’accompagne, l’Adour est souvent bien visible depuis les berges ou les ponts, en même temps que le relief des coteaux. Le fleuve, d’une bonne largeur, permet au ciel et la ripisylve de s’y refléter. L’ancien chemin de halage sert de fil de fil conducteur et donne accès à l’eau. Les villages se sont majoritairement installés sur les hauts, sur la frange des unités paysagères voisines. Seul Saubusse affiche un front bâti en bord d’Adour. Ailleurs, quelques petit ports ponctuent les rives au fil de l’eau, comme à Port-de-Lanne, où l’urbanisation arrive jusqu’à l’eau.
Le monde intérieur des Barthes
Le long du fleuve, de grandes étendues prairiales s’ouvrent largement, contrastant avec l’univers intime des barthes boisées de chênes et de peupliers. Ces dernières sont moins étendues et alternent avec ces prairies de fauche à la surface égale, qui forment de grandes unités, parsemées de tonnes de chasse. Les plans successifs créent des profondeurs, les coteaux plus sombres formant la toile de fond.
Malgré l’ouverture, ces barthes conservent l’impression d’un monde intérieur, un monde unique dans lequel on pénètre. Il y a ici le ressenti d’un certain isolement, à l’écart des routes. D’ailleurs l’abondance de la faune qui les anime le confirme. Ces étendues semblent uniformes de prime abord, mais révèlent au fur et à mesure une certaine diversité avec des chemins, les tonnes et leurs étangs ou encore les fossés rappelant le drainage et l’évacuation de l’eau vers l’Adour proche. Lors des crues, ces grands tapis verts se transforment en de vastes miroirs d’eau, rappelant la puissance du fleuve.
Sous-unité paysagère : l’Adour maritime
Une vallée rectiligne au fleuve majestueux
Cette sous-unité s’étend de la confluence avec les Gaves Réunis où l’Adour fait un coude pour prendre une direction rectiligne est/ouest, jusqu’aux portes de l’agglomération de Bayonne. La vallée à ce niveau est relativement symétrique avec des coteaux de hauteurs semblables. En rive gauche, du côté des Pyrénées-Atlantiques, le coteau donne une impression de régularité avec une hauteur égale et des pentes habitées. En rive droite, le coteau bordant le Gosse-Seignanx est plus irrégulier et forestier. Mais c’est avant tout le fleuve qui emporte l’attention. Sa perception est majestueuse, son échelle s’imposant largement même si son emprise reste finalement circonscrite entre les digues. La surface des eaux marbrées, mêle la remontée de la marée, les sédiments venant de l’amont, mais aussi les eaux cristallines des Gaves Réunis, formant un immense miroir. Le vent anime cette vaste ouverture lumineuse en ridant la surface. Le fleuve forme une limite forte, infranchissable hormis un pont.
Des barthes ouvertes ou intimes
A proximité du fleuve, les barthes offrent de toutes autres ambiances. De petits ouvrages et des portes le long de la digue régulent le passage de l’eau entre les barthes et l’Adour selon les marées et les crues. Coté digue, sur des terres plus hautes, les prairies et les cultures offrent encore des ouvertures, s’appuyant sur la géométrie des parcelles ou bien celle des estheys, des traverses, et des canaux qui drainent perpendiculairement les eaux vers l’Adour. Une trame arborée ponctue également ces endroits.
Plus près du coteau, dans des barthes plus basses, les boisements proposent un univers intime, frais et humide, en dédale, composant un patchwork avec les étangs, les marais et les peupleraies de taille et de visibilité très variables.
Sur les digues, la route linéaire et la voie verte longeant l’Adour jouent avec les vues sur le fleuve mais donnent à voir en même temps l’étendue des barthes et les coteaux. Les fermes bathières, quelques constructions plus récentes ou le château de Montpellier s’égrainent le long de cette voie, aucun village ne s’y est établi. Seul St-Barthélemy, implanté sur une butte détachée du coteau, dominée par l’église, offre un panorama sur les barthes.
PAYSAGES URBAINS
L’unité de la vallée de l’Adour est bien articulée avec les unités paysagères voisines au niveau des bourgs et des villages. En effet, l’axe de communication que représentait le fleuve cristallisait des places marchandes et d’échanges sur ses berges. C’est le cas par exemple d’Aire-sur-l’Adour, figure de proue du Tursan, ou de St-Sever, poste avancé de la Chalosse, qui s’ajoutent aux villes et aux bourgs de la vallée, soit les bastides de l’amont, Cazères-sur-l’Adour et Grenade-sur-l’Adour, soit les bourgs en accroche avec le Marsan et la Grande Lande. La frontière avec l’unité du Gosse-Seignanx est un peu différente dans la mesure où les communes, dont les bourgs centres et les villages sont juchés sur les hauts de collines, se développent, pour la plupart jusqu’à l’Adour. Dans cet univers des barthes, le bâti qui se compose de corps de fermes ou de maisons isolées, s’est implanté en rive, généralement à l’embouchure d’un canal de drainage. La ville phare de la vallée de l’Adour est bien sûr la ville thermale de Dax, qui trouve son prolongement en rive droite avec la ville de St-Paul-les Dax.
Les paysages bâtis de l’unité sont assez variés. Cette diversité tient d’une part à l’échelle des sites et d’autre part à leur implantation.
Dax, une longue page d’histoire, un catalogue d’architecture
Une ville antique
Dax est une ville antique qui a conservé un patrimoine gallo-romain, notamment une partie des remparts. On retrouve en partie basse de la muraille, sur certaines portions, la mise en œuvre très caractéristique des édifices gallo-romains, à savoir une maçonnerie composée d’un petit appareil à moellon quadrangulaire en alternance avec des assises de briques.
Si la statue du légionnaire romain dont le chien fût guéri par l’eau thermale est une composition récente, elle rappelle aux habitants et visiteurs la très ancienne origine de la ville. Il semblerait que les thermes antiques occupaient l’emplacement de la Fontaine Chaude, qui aujourd’hui symbolise la ville thermale.
Si le patrimoine gallo-romain est sous-jacent, Dax ne présente pas les caractéristiques d’une ville antique. Longtemps contenue entre ses remparts, elle s’en affranchit progressivement au cours du XIXe puis du XXe siècle, sans toutefois détruire la forme urbaine régulière d’origine.
L’essor du thermalisme
Le thermalisme a transformé la ville en plusieurs étapes et selon plusieurs modes d’architecture. Dès le XIXe d’imposants établissements sont construits comme l’ensemble des Baignots (ou beignots) également des villas mais la période la plus féconde semble être l’entre-deux guerres et le style Art-déco. L’hôtel Le Splendid en est l’expression la plus ambitieuse et aboutie. Au-delà de son architecture raffinée, son implantation parallèle à la rive et son plan en H ont permis « d’accrocher » la ville ancienne à l’Adour. Ce bâtiment va également introduire une nouvelle géométrie avec des bâtiments plus élevés, équivalent à un rez-de-chaussée plus 3 ou 4 niveaux. Le Splendid n’est pas le seul exemple du mouvement Art Déco, on en retrouve l’expression avec l’Atrium et différentes villas. Une autre période faste du thermalisme intervient plus tard, dans les années 70/80, donnant le jour à de nouveaux immeubles, accueillant hôtels ou résidences, tant sur Dax que sur St-Paul-les-Dax.
Une ville composite
La dynamique de développement de la ville semble avoir été davantage le fait de projets à la parcelle que d’un projet urbain d’ensemble, ce qui produit par endroit un paysage hétéroclite, juxtaposant des architectures très différentes. Cela produit aussi des projets immobiliers à la parcelle qui n’ont pas toujours opté pour la construction en mitoyenneté ni permis la composition de nouvelles façades urbaines.
Des espaces publics variés
Compte tenu de son origine ancienne et de son évolution progressive, la ville présente des espaces publics à des échelles variées. On peut flâner dans des rues anciennes plutôt étroites, découvrir des places architecturées, encadrées par des façades régulières ou bien traverser de nouvelles esplanades. La voiture semble repoussée à l’écart du cœur de ville, pour laisser place à une déambulation tranquille des piétons.
L’Adour en ville
L’Adour est très fréquentable dans la traversée de la ville. Ajouter une valeur d’usage au spectacle de l’Adour est une richesse paysagère supplémentaire. Les cheminements piétonniers ou voies douces longent la berge en rive gauche et la passerelle piétonne permet de rejoindre paisiblement la rive droite. De ce côté-là, un passage en encorbellement évite de circuler à proximité des voitures et offre un cheminement en balcon au-dessus des herbiers. En rive gauche, un grand parking a été construit sous une large terrasse, traitée en bois, implantée au pied des grands hôtels.
Pontonx-sur-l’Adour, un pont à la place du port
Si le bourg de Pontonx est proche du fleuve, aujourd’hui il n’entretient pas ou peu de relation avec l’Adour. Organisé à partir d’un carrefour de rues, autour desquelles se distribuent les édifices publics, mairie, église, et les équipements, écoles, arènes, jeux de boules, jardin et placette, le bourg est implanté en tête du versant. L’ancienne liaison directe avec l’Adour qui se faisait par le port a disparu au profit de la construction du pont qui passe bien au-dessus de l’eau. Si on n’emprunte pas la RD 10 vers le sud, on peut ainsi ignorer la grande proximité de l’Adour, signalé toutefois par le nom suggestif de la commune.
Habiter la berge
Les implantations urbaines dans la vallée de l’Adour peuvent être à distance du fleuve, ou bien sur une hauteur pour se protéger des crues. Pour autant, il existe des bourgs et des villages au ras de l’eau, qui tiraient parti de l’activité fluviale. Il y a plusieurs réponses urbaines et architecturales sur ces situations en rive.
A Grenade-sur-l’Adour, bastide exemplaire par sa géométrie parfaite qu’aucune topographie n’est venue contrarier, les maisons en rive sont édifiées sur un mur de soutènement aveugle, comme un quai ou bien elles sont protégées par un mur qui isole non pas la construction mais la parcelle. Ces architectures maçonnées, construites en pierre, en galets ou en brique qui doivent résister aux crues, se prolongent par des ouvrages en encorbellement, construits en bois, balcons et terrasses qui apportent fantaisie et légèreté.
A Saubusse, la disposition est bien différente. Les maisons sont en recul pour laisser place à un quai circulable. La mémoire du port reste perceptible même si l’activité a totalement disparu. La rénovation de l’espace public a maintenu en place les attributs traditionnels comme le perré, les anneaux …
Une autre implantation correspond à l’habitat des barthes. C’est un habitat isolé, séparé du fleuve par l’ancien chemin de halage, devenu par endroit la Scandibérique, l’eurovéloroute 3. L’enjeu de préservation de ces motifs bâtis en berge du fleuve est important. Cet habitat a peu changé même si parfois de nouveaux bâtiments sont venus étoffer le quartier.
Franchir l’Adour, passer le pont
C’est en passant les ponts que l’on découvre le mieux l’ampleur du fleuve et que l’on apprécie les façades des villes ou villages en rive. Pourtant ces ouvrages d’art ne sont pas tous accueillants pour les piétons ou les cyclistes. Les gabarits ont davantage été pensés pour la circulation automobile. Comme pour le bâti, même si l’échelle du temps est plus courte, l’architecture des ponts a varié au cours des époques. Dans les contextes plutôt urbains où la ripisylve a disparu ou bien est réduite, les ponts entrent dans le paysage bâti, ils sont perçus en co-visibilité avec les façades en arrière-plan.
LES ELEMENTS DU PAYSAGE
La peupleraie
Elle s’étend en fond de vallée dans les barthes. La verticalité des troncs crée des effets graphiques quand les peupleraies sont entretenues. Ces « cultures de bois » génèrent aussi des écrans qui ferment les vues et cloisonnent le paysage du fond de vallée.
La chênaie humide
Ces étendues boisées inondables de fond de vallée s’étendent largement le long de l’Adour. Elles plongent le visiteur dans un univers intime, entre fraicheur, ombre et milieux humides.
Les chênaies humides, pouvant atteindre 30 mètres, donnent une tonalité imposante particulière à ces boisements caractéristiques de l’Adour Boisé. Ces boisements amples et profonds, sont par endroit plus lumineux en raison de la hauteur des houppiers.
La saligue
Cet espace de divagation de l’Adour se différencie des barthes par ses bancs de galets et l’enchevêtrement de sa végétation.
Les barthes prairiales
Ce sont des ouvertures lumineuses. Les prairies forment des « clairières » bordées par des lisières boisées ou le coteau forestier. Derrière la simplicité apparente, se révèlent un espace structuré par des chemins et des fossés. Ce sont de lieux de vision de la faune mais aussi de pratique de la chasse.
Le fossé, l’estey
Ces lignes d’eau sont la condition du drainage du fond de la vallée de l’Adour, avec tout un système de vannes ou d’écluses. Elles animent les barthes, délimitent les parcelles ou accompagnent les routes.
Le petit patrimoine lié à l’eau
Les petits ouvrages ou les édifices sont les vestiges d’une activité économique et sociale autour de l’eau : moulins, lavoirs, fontaines... Lieux publics, les lavoirs sont souvent accessibles, révélant la présence de l’eau peu visible ou accessible par ailleurs. La fraicheur et la clarté de l’eau donne l’occasion de faire une pause appréciée l’été.
Le petit étang, la tonne de chasse
Dans les barthes de nombreux petits étangs constituent autant de petits miroirs. Entourés de boisements ou ponctuant les prairies, certains ont été créés pour la chasse à la tonne.
La carrière alluviale
Des gravières assez étendues se sont implantées dans la partie amont de l’Adour, laissant derrière elles de vastes plans d’eau. Elles révèlent la nature alluvionnaire du sous-sol dont les galets que l’on retrouve dans les constructions. Leurs abords sont souvent bordés par la végétation.
La confluence
Plusieurs confluences (Gaves Réunis, Luy, Midouze pour les plus importantes) constituent des évènements, certes pas toujours bien perceptibles. L’ouverture dans le coteau, l’élargissement du fond de la vallée à cet endroit, ou le mélange des eaux, les indique cependant.
La ferme barthière
Très visibles dans l’Adour maritime, elles se succèdent le long de la route de digue bordant les barthes hautes.
La digue, le chemin de halage
Moyen technique de protection et de contention du fleuve, la digue est aussi une formidable opportunité d’accéder et de côtoyer l’eau. La digue et l’ancien chemin de halage sont empruntés sur de longs linéaires par la voie verte Scandibérique et par de petites routes.
Le pont
Point de vision unique sur le cours d’eau, depuis le pont la vue s’ouvre sans obstacle sur la perspective de la rivière. Souvent lié à l’urbanisation, il permet de découvrir le front bâti en même temps que l’Adour. Le pont est également souvent accompagné d’accès aux berges.
L’alignement d’arbres
Bordant certains axes, il accompagne et guide l’usager, matérialisant de loin le tracé de la voie. Sa présence forme un premier plan qui intègre mieux les activités la bordant. Ces alignements constituent un patrimoine végétal, centenaire par endroit, offrant une voute ombragée et fraiche l’été. Plus confidentiellement, on le retrouve avec des arbres plus petits, taillés en têtard, le long des routes dans les barthes.
Le belvédère
Les coteaux offrent ponctuellement des panoramas sur la vallée de l’Adour depuis les bourgs perchés au sommet ou à travers la végétation. Dans une vallée pas toujours facilement lisible, ces vues sont précieuses.
Le port et l’embarcadère
Autrefois, point de commerce très important, le port a aujourd’hui un usage de loisirs nautiques et de promenade, et permet l’accès à l’eau sous forme d’une jetée ou d’un embarcadère.
Le bourg au bord de l’eau
Quelques villes, bourgs ou villages se sont établis au bord ou à proximité de l’Adour. Certains offrent un front urbain le long des berges de part et d’autre d’un pont. Le fleuve se révèle alors plus qu’ailleurs.
Le bourg en hauteur
Certains villages et des bourgs sont implantés en crête des coteaux de l’Adour, souvent en limite et en transition avec les unités voisines. Ils se signalent par un clocher et quelques toitures mais restent pour partie discret.