Les Landes, un territoire de projets urbains

Dernière mise à jour : 31 janvier 2023

La bastide de Montfort-en-Chalosse

Les paysages bâtis sont la résultante d’une forme urbaine, c’est-à-dire la manière dont les bâtiments sont assemblés à partir du tracé des rues, et de l’architecture elle-même, c’est-à-dire les façades avec leurs modénatures [1], leurs ouvertures et leurs matériaux.
La plupart des villes et des villages se sont constitués au cours des siècles, autour d’un noyau, lui-même implanté en fonction de la topographie, des voies de communication et des activités humaines qu’il abritait. Mais il existe des cas où la ville ou le quartier sort de terre, d’une seule traite, sous l’impulsion d’un projet planifié. Ce sont des quartiers ou des villes entières qui ont fait l’objet d’un plan directeur qui a distribué l’espace, dessinant les ilots bâtis, les circulations et les places publiques.
Le département des Landes comprend un certain nombre de ces « villes nouvelles » qui ont ainsi vu le jour sous condition d’une planification d’ensemble. C’est une originalité qui justifie de regarder ces exemples landais. Si les bastides, villes nouvelles du moyen-âge sont courantes dans le sud-ouest, il est des compositions urbaines moins fréquentes, comme les quartiers des forges qui logeaient les ouvriers, les bourgs que l’arrivée du chemin de fer recomposait avec emphase, les stations balnéaires anciennes et les nouvelles antennes littorales imaginées et construites durant le dernier quart du XXe siècle.

  L’urbanisme régulier des bastides

La bastide est une ville « nouvelle », à vocation agricole et marchande, fondée au cours de la seconde moitié du XIIIe siècle et au premier quart du XIVe. La fondation est assortie d’une charte qui fixe les conditions d’installation et de contribution des colons. Dans le département des Landes, les bastides se trouvent majoritairement à l’est : elles ont été édifiées sur la zone frontière entre les domaines de France et d’Angleterre, témoins d’une lutte à laquelle se mêlaient les grands seigneurs locaux. Ces villes nouvelles se caractérisent par une géométrie régulière et orthogonale, fondée sur un tracé hiérarchisé des rues et un découpage parcellaire homogène. Le centre de la bastide est un vide, il est occupé par une grande place au niveau de laquelle se croisent les rues principales qui sont recoupées, à angle droit, par les rues transversales. Les cœurs d’îlots sont desservis par des ruelles également perpendiculaires, les andrones. La place centrale était dévolue au marché, c’est ainsi que les maisons qui la bordent, reposent la plupart du temps sur des couverts, sorte de galeries qui permettaient de se tenir à l’abri des intempéries.
Si, dans le principe, le modèle est simple, dans la réalité, chaque bastide est unique, le quadrillage s’est adapté à la topographie et à l’environnement. Par exemple, Geaune, implanté sur un versant doux s’est déployé selon un plan quasi carré composé de 24 îlots, tandis que Grenade s’est étirée parallèlement à la berge de l’Adour.

Grenade-sur-l’Adour, implantée sur la première terrasse en rive du fleuve, sans difficulté de relief, s’est étendue en reproduisant en partie la régularité de la forme d’origine

Hastingues, juché sur un promontoire dominant les gaves réunis, contraint par le relief, est « sorti » de la forme d’origine, renonçant au tracé régulier
 

 
Une autre caractéristique déterminante des bastides tient à la force du tracé, à la permanence des règles d’alignement et du parcellaire qui semblent avoir traversé les siècles. Sur la place, les maisons sont différentes, tantôt avec des façades à colombages reposant sur des piliers en bois, tantôt des façades en pierre, enduites ou non, portant sur des arcades maçonnées. Le regard n’est pas heurté, le promeneur et l’habitant ne sont pas dérangés, ni peut-être conscients de l’hétérogénéité de l’architecture. La place de Labastide-d’Armagnac est un bel exemple de cette diversité. C’est la composition urbaine, avec ses règles d’alignement, de prospect et de densité, qui a façonné ces paysages bâtis et non l’architecture qui a évolué au cours des siècles.

Malgré une architecture hétérogène en styles et en matériaux, la place possède une belle unité. Labastide-d’Armagnac

Les bastides du département n’ont pas eu toutes le même sort, selon leur situation et leur histoire. Par exemple, la bastide de Pimbo fondée à l’emplacement d’un castelnau déjà existant, gardera l’aspect d’un village rue, tout comme celle de Hontanx. La bastide de Montégut se développera peu mais l’empreinte de la place centrale restera perceptible, tout comme l’emprise du projet initial ceinturé par le « tour de ville ». Ces bastides ont peu évolué tandis que d’autres sont devenues de véritables bourgs, en densifiant leur cœur d’ilots et s’étendant à l’extérieur, comme Grenade-sur-l’Adour.

Le village de Montégut garde la trace de la place centrale de la bastide initiale
Cadastre napoléonien de 1818 – Archives départementales des Landes - Photo aérienne IGN de 2018
La place centrale de Cazères-sur-l’Adour a perdu ses couverts et sa halle comme en témoigne le cadastre de 1810, mais le tracé de la bastide reste encore bien lisible
Cadastre napoléonien de 1810 - Archives départementales des Landes - Photo aérienne IGN de 2018

Mais on peut se réjouir et s’émouvoir que cette organisation urbaine, mise en place il y a 700 ans, du fait sans doute, du gabarit des rues et de la place qui laissait entrer la lumière, ait supporté l’évolution des modes de vie, et même l’introduction des voitures, sans nécessité de démolition.
C’est ainsi que l’on hérite aujourd’hui d’un paysage urbain exceptionnel.

  Le Domaine Impérial de Solférino

Entre les bastides et le Domaine de Solférino, c’est un saut dans le temps mais l’objectif politique est similaire : il s’agit de fixer de nouvelles populations pour soutenir un projet de développement.
Courant XIXe, des ingénieurs des Ponts-et-Chaussées suggèrent de faire évoluer le système agro-pastoral landais en place vers une exploitation forestière massive. Leurs travaux sont soutenus par Napoléon III, qui à partir de 1854, promulgue un certain nombre de textes législatifs relatifs à l’assainissement. Il engage une politique de desserte ferroviaire et routière et une politique d’acquisition foncière. C’est ainsi qu’il s’implique dans la création du Domaine Impérial à partir de 1857. Il en confie la direction à Henri Crouzet, ingénieur. Le Domaine comportait 6400 hectares de boisements de pins et 495 hectares de culture. Le projet prévoyait de déployer 14 fermes impériales et de construire un village de toutes pièces, le « Bourg » qui devait permettre de fixer des travailleurs agricoles et leurs familles. La construction du village débuta en 1860. L’ordonnance de 1859 précise sa composition : « huit cottages, formant seize habitations, pouvant loger chacun une famille de travailleurs et une chapelle ». Au fil des ans, le village va s’étoffer avec l’édification des écoles, du presbytère, de la mairie et de nouveaux cottages. Des terrains sont mis en réserve pour des extensions futures. Les maisons nommées « cottages » étaient données en concession sous condition d’un engagement de 10 ans à travailler sur le Domaine et les « colons » devaient pouvoir disposer d’un champ de 1 ha 80 pour subvenir à leurs besoins.

L’allée du centenaire, en venant du nord avec la chapelle au centre. Solférino

Alignement des maisons des artisans, entourées de grands chênes. Solférino

Allée de ceinture au sud, bordée d’un fossé et d’un alignement de chênes. Solférino
 

 
Comme pour les bastides, la composition urbaine est géométrique et orthogonale, elle est fondée sur le système viaire. La voie centrale, dite l’Allée du centenaire est implantée selon un axe nord/sud tout comme les allées secondaires et tertiaires qui se répartissent symétriquement de part et d’autre de l’axe central. Un chemin de traverse réservé aux piétons relie les différentes allées aux équipements communs. La trame parcellaire est unitaire, les 24 lots occupent chacun 1,8 ha. A cette distribution rigoureuse des voies, correspondait une implantation du bâti codifiée, basée sur des principes de hiérarchie sociale, de mise en scène et de symétrie. Sur l’allée du centenaire, sont construites la mairie, le presbytère mais également les maisons des artisans. Sur les allées secondaires et tertiaires, les cottages doubles, les grands cottages et les cottages simples.

La composition du domaine est orthogonale et parfaitement symétrique. Solférino
Plan de la structure urbaine - extrait de la ZPPAUP de 1998

Après la mort de l’Empereur, le Domaine sera vendu puis partagé. Néanmoins, aujourd’hui quand on emprunte la route départementale RD44, à l’ouest de Sabres, on peut être surpris de découvrir la perspective d’une chapelle qui semble édifiée au milieu de la route. Et si l’on prend le temps d’une visite, on peut arpenter les allées et découvrir les différents cottages, à l’ombre de grands chênes. L’organisation spatiale reste lisible et le bâti est préservé. On a un peu l’impression que le temps s’est arrêté. Une Aire de Mise en valeur du Patrimoine (AVAP) encadre et accompagne les évolutions de ce « Bourg » neuf de 160 ans.

  Les villes nouvelles du chemin de fer : l’exemple de Morcenx

Napoléon III a souhaité le développement des liaisons ferroviaires et routières. C’est la Compagnie des Chemins de Fer du Midi, des frères Pereire qui prend en charge la voie reliant Bordeaux à Bayonne et traversant les Landes. L’arrivée du train va provoquer le développement des villages concernés par la ligne et introduire de nouvelles formes urbaines. Morcenx en est une belle illustration. La gare va être implantée à trois kilomètres environ pour ne pas grever les terrains du centre bourg et permettre un embranchement vers Mont-de-Marsan. La gare et la nouvelle ligne sont inaugurées en 1854. Un premier quartier voit le jour, constitué de « chalets » destinés aux cheminots, auxquels viennent s’ajouter des écoles, puis rapidement un plan de composition magistral est adopté à partir de 1859. Il s’articule autour d’un axe qui relie la nouvelle église à la gare, le long duquel sont distribuées les constructions publiques, écoles, salle des fêtes, marché, fronton, poste, dispensaire, mairie, bourse du travail qui seront construites progressivement. Le groupe scolaire sera construit dans les années 1881-1884, la mairie en 1886, et l’église vers 1895. A partir de cet axe, la ville va s’étendre selon un quadrillage régulier.

L’axe majeur relie la gare à l’église à partir duquel sera déployé le quadrillage régulier des ilots à bâtir. Morcenx

Autour de l’axe central, les bâtiments des années 1930 accueillent équipements publics et culturels. Morcenx
 

 
Découvrir Morcenx peut être une surprise. La composition urbaine est imposante, l’espace central est large mais aussi les rues adjacentes semblent « surdimensionnées » pour une petite ville d’aujourd’hui. Mais à cette dimension urbaine s’ajoute aussi une qualité et une diversité architecturale. Si certains bâtiments datent de l’origine du projet, d’autres constructions plus récentes ont pris place sur l’axe central, accueillant des programmes d’équipements diversifiés, sociaux, culturels, sportifs et associatifs. Ce sont des bâtiments construits à la fin des années 1930, par l’architecte montois Franck Bonnefous, marqués à la fois par l’époque de construction et par la culture landaise présente dans les scènes en bas-reliefs. Cette architecture assez « joyeuse » a modernisé la composition d’origine qui tout compte fait, s’est constituée sur plus d’un siècle.

Une grande emprise a été réservée aux rues dans la composition urbaine ce qui permet de larges accotements enherbés. Morcenx

Les bâtiments du groupe scolaire sont construits dès l’origine du projet urbain dans les années 1880. Morcenx

Le cinéma fait partie de l’ensemble des équipements édifiés plus tardivement dans les années 1930. Morcenx

L’ampleur de la composition urbaine, soutenue par le mail de platanes monumental, supplée à l’hétérogénéité des architectures et des façades. Morcenx
 

 

Labouheyre, une ville « au carré », articulée autour de ses grandes places de platanes

La dynamique engendrée par l’arrivée du train a transformé d’autres bourgs. A Labouheyre, d’un petit groupe d’habitations autour de l’église, la ville est devenue une forme urbaine constituée, avec une géométrie orthogonale, composée d’ilots réguliers et centrée sur un espace public majeur.





  La Cité des Forges à Tarnos

Dans les Landes, l’activité sidérurgique existe depuis au moins le XVIIIe. La construction de l’outil industriel n’était pas suffisante à l’exploitation, il fallait également de la main d’œuvre et donc construire des logements pour les contremaîtres et les ouvriers, comme ce fût le cas à Brocas, à Pissos, à Castets,…
Mais ces implantations ne relevaient pas d’un plan de composition comme ce fut le cas à Tarnos où le projet industriel, plus tardif, était d’une autre échelle. C’est en 1881, que la Compagnie des hauts fourneaux, forges et aciéries de la Marine et chemins de fer entreprend à proximité de l’embouchure du fleuve, la construction de l’usine des Forges de l’Adour.

Dans les années qui suivent, à cheval sur les communes de Tarnos (Landes) et de Boucau (Pyrénées-Atlantiques), la Cité des Forges voit le jour. La composition urbaine était orthogonale et précise. La répartition des logements qui relevait d’une hiérarchisation sociale, a conduit à une sectorisation et le dessin parcellaire est venu conforter la logique urbaine de chaque secteur. Le secteur le plus au sud correspond aux belles villas, celles du directeur et des ingénieurs. Le parcellaire est irrégulier et large, les maisons sont au milieu de leur terrain. Dans le secteur central, celui des contremaîtres, le parcellaire est régulier et carré. Il accueille des maisons groupées par deux ou quatre. La disposition permet de dégager les façades, de libérer un jardin de forme régulière et de distancier les maisons les unes par rapport aux autres. Le secteur nord correspond aux maisons ouvrières, les « casernes ». Le parcellaire régulier en lanières étroites se traduit par des maisons en bande avec des jardins sur rue. Le reste de la Cité correspond à des maisons à un étage construites à l’alignement des rues.

La hiérarchie sociale se retrouve dans la composition urbaine et le tracé parcellaire traduit la logique sociale de chaque ensemble. A gauche, le parcellaire, à droite, le plan d’ensemble. Cité des Forges, Tarnos
Source Avap 2006

La Cité comprend également une église, une salle paroissiale, une école, un fronton, un espace public assez vaste, et autrefois une coopérative. Aujourd’hui, il n’est pas simple de rejoindre la Cité des Forges qui, construite à côté du secteur industriel, n’a pas un lien direct avec le centre-ville. Pourtant le quartier dégage des qualités paysagères et un charme désuet. Le tracé régulier des voies permet des perspectives visuelles encadrées par des architectures bien dessinées, homogènes et relayées par des jardins et les espaces publics plantés. La répétition des modèles n’est pas ennuyeuse, les séries restent modestes. A la hiérarchie des logements correspondait une hiérarchie des clôtures si bien qu’aujourd’hui c’est le secteur des « casernes », où les clôtures sont les plus basses que les jardins et les maisons contribuent le plus à l’identité du paysage bâti de la Cité des Forges.

Perspective sur l’église Notre-Dame de Forges encadrée par les alignements d’arbres des espaces publics. Tarnos

Les jardins privés, sur les parcelles des anciennes maisons des contremaîtres participent à la qualité paysagère de la cité. Tarnos

Les « casernes », habitations les plus petites sur un parcellaire en lanières, donnent à voir leurs jardins depuis la rue et offrent une perspective sur l’église. Tarnos
 

 

  Les stations littorales, des villes nouvelles ?

L’arrivée du chemin de fer au XIXe siècle n’a pas seulement servi au développement industriel, il a facilité l’accès au littoral. Excepté Capbreton implanté en rive du Boudigau, en relation avec l’océan, il n’y avait pas d’habitat dense sur le littoral landais avant la construction des premières stations. Ces premières antennes bâties se développent en lien avec le bourg principal, implanté à quelques kilomètres à l’intérieur des terres, à « l’abri » des éléments climatiques propres au cordon côtier. Ces stations s’implantent souvent à l’embouchure des courants, comme Mimizan, Contis-les-Bains, Vieux-Boucau. Elles restent dépendantes des bourgs qui conservent la plupart des services et les fonctions administratives et auxquels elles sont reliées par une route est/ouest.

Une composition en damier définie par le système viaire. Contis-les-Bains à St-Julien-en-Born

Mimizan-plage : une urbanisation sur une trame orthogonale en arrière de la dune
 

 
Ce ne sont pas à proprement parler des villes nouvelles, plutôt des quartiers. Ils occupent la lette pré-littorale et s’étalent selon un plan en damier déterminé par le maillage des voies. Les villas sont construites en discontinuité, excepté parfois dans la rue principale, celle-là même où aboutit la route de liaison avec le bourg centre. A la différence des exemples précédents, il n’y a pas de composition urbaine, c’est plutôt le principe du lotissement qui est retenu. Le maillage va perdurer mais les constructions vont se diversifier, conduisant parfois à une grande hétérogénéité, plaçant en voisinage immédiat de petites villas pittoresques avec des immeubles de plusieurs étages.

Dans certaines rues, il reste encore de petites villas de style pittoresque, au charme désuet. Biscarrosse

Quand des immeubles prennent la place des anciennes villas, ce qui est gagné en densité est perdu en termes de jardins et de qualité paysagère. Biscarrosse

A la différence des rues proches du front de mer, les rues arrière gardent le charme des quartiers de villégiature, avec des accotements herbeux et des jardins débordants. Biscarrosse
 

 
Si les premières villas empruntaient le vocabulaire des villas parisiennes comme par exemple les jumelles de Biscarrosse, ou bien déclinaient le modèle du chalet, comme on en rencontre encore quelques beaux exemples, progressivement au XXe, le style néo-basque va s’imposer, mis en œuvre par des architectes talentueux, notamment à Hossegor. C’est une station qui se développe un peu plus tardivement. Elle est relativement composite, avec des quartiers assez différents les uns des autres dont des pôles anciens qui en font l’identité : la « cité-parc » autour du lac où d’imposantes villas furent construites sous les pins, le golf et le front de mer. Ce front de mer construit dans les années 1930, par les frères Gomez, est original en cela qu’il renonce à l’individualité des villas pour proposer deux façades néo-basques de part et d’autre de la place des landais et de l’ouverture sur l’océan. Le projet traite également l’espace public, la promenade et la descente vers la plage. On a quitté le modèle du lotissement pour rejoindre un projet d’urbanisme, une composition rigoureuse, volontaire et unifiée.

Dans les années 1970, la MIACA (Mission interministérielle de la côte aquitaine) va se pencher sur le littoral aquitain pour anticiper les développements futurs et éviter les excès de l’étalement et de la consommation foncière. Elle va fixer à neuf le nombre "d’Unités principales d’Aménagement" dont trois pour les Landes. Cette politique va donner lieu à des aménagements volontaires qui s’apparentent à des villes nouvelles, conçues et construites dans une vision globale, comme par exemple Le Penon, à Seignosse, Port d’Albret à Soustons et à Vieux-Boucau. Ces compositions urbaines répondaient à des objectifs de densité (pour une moindre consommation d’espace), d’autonomie (maximum de services pour un minimum de déplacements) et de déplacements piétons facilités. Elles s’ouvraient à un public plus large que les quartiers de villégiatures antérieurs. Si les architectures de ces ensembles ont aujourd’hui un peu « vieillies » sans atteindre le charme du passé, les fonctionnalités urbaines et sociales sont encore efficientes et le littoral préservé.

Au centre de l’ancienne station, le pied des bâtiments et des vieux platanes ont été libérés des voitures. Vieux-Boucau

Dans les quartiers créés par la Miaca, les circulations douces, cycles ou piétons ont été prévues dès l’origine des projets. Vieux-Boucau

Autour du lac marin, les ensembles bâtis sont regroupés par pôle pour libérer les rives et leur conserver un caractère « naturel ». Vieux-Boucau
 

 

Les emprises des campings peuvent être très importantes. Moliets-et-Maâ

Un dernier modèle d’urbanisme littoral pourrait être les campings qui occupent de grandes superficies à proximité des plages. Pour le moment, ce n’est pas le cas. Si la MIACA a favorisé l’émergence de village de vacances, pensés avec finesse pour se glisser sous les pins, les campings ont peu ou rarement intégré cette approche urbaine. Ce sont pourtant de grandes emprises et de véritables petites villes saisonnières qui fonctionnent en autarcie.

 

 

Pour clore ce chapitre de l’urbanisme raisonné avec ces projets urbains représentatifs de l’histoire et du développement du département, y compris dans des villages, il convient d’évoquer des projets plus modestes mais toujours caractéristiques des Landes que sont ces programmes d’architecture publique ambitieux où sont associés plusieurs équipements, comme la mairie, l’école, la poste dans une composition urbaine affirmée et avec une architecture soignée.

Une composition architecturale et urbaine associant la mairie, l’école, le foyer rural, la poste et même le monument aux morts. Le Frêche

  Les castors, une spécificité landaise

Ce chapitre ne pouvait passer sous silence l’aventure originale de ces ensembles de maisons. C’est au début des années 50, quand la question du logement devient une priorité que le maire de Mont-de-Marsan, M. Lamarque-Cando souhaitant que « le travailleur puisse accéder à la propriété à moindre prix » imagine une coopérative de constructions de maisons familiales. Les premières réalisations-témoins verront le jour dans les années 50/60, tout d’abord à St-Pierre-du-Mont, puis rapidement, à Mont-de-Marsan, le quartier Barbe d’or, de 500 maisons. L’objectif était de permettre aux familles modestes d’accéder à un foyer dans une parfaite équité de traitement, le modèle étant le lotissement de maisons individuelles. Aujourd’hui, la coopérative existe toujours et continue à accompagner des familles vers l’accession. On estime à un tiers la part de la population montoise habitant encore des maisons de castors. Mais c’est un projet social et non un projet urbain. Il n’y a pas de composition, les maisons sont identiques, non mitoyennes. Elles ne s’implantent ni à l’alignement de la rue, ni de la limite séparative. C’est un principe de lotissement, modèle d’extension urbaine contesté depuis plusieurs décennies par les urbanistes.

Les quartiers de castors ont vu le jour sur d’autres communes du département, exemple d’un ensemble d’une quinzaine de maisons à Aire-sur-l’Adour

Projet social et non projet urbain, les quartiers de castor présentent des maisons identiques, non mitoyennes. Elles ne s’implantent ni à l’alignement de la rue, ni de la limite séparative.

[1ensemble des éléments architecturaux qui permettent d’animer une façade : corniches, encadrements, appuis, arcs, bandeaux, chapiteaux…

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