Le bassin d’Aquitaine comme grande unité d’appartenance

Dernière mise à jour : 1er février 2023

  Un bassin sédimentaire dissymétrique

Géologie du bassin d’Aquitaine
Le département des Landes occupe une partie plutôt centrale et méridionale du bassin d’Aquitaine où la disposition concentrique des couches géologiques est peu visible.
Source BRGM, Carte géologique de la France au 1 millionième

Extrait de la légende de la carte géologique

Le département des Landes est tout entier situé dans le bassin d’Aquitaine, unité géographique régionale. Du seuil du Poitou aux Pyrénées et du golfe de Gascogne au Massif central, le bassin d’Aquitaine, fruit de l’accumulation et de l’enfoncement de couches sédimentaires principalement secondaires et tertiaires présente en son centre les terrains les plus récents, les plus anciens se succédant vers les bordures.
Mais parce qu’il est bordé au nord-est par un massif ancien, le Massif central, et au sud par une montagne jeune, les Pyrénées, le bassin d’Aquitaine est dissymétrique et ne présente que partiellement la répartition attendue, concentrique, des affleurements sédimentaires. Sur la carte géologique, la succession colorée des périodes (Jurassique en bleu, Crétacé en vert, Paléocène et Éocène en orange, Oligocène et Miocène en jaune, Pliocène et Quaternaire en jaune clair et saumon) bien mise en évidence du côté du Massif central, apparaît écrasée ou perturbée du côté des Pyrénées.


  Trois grands domaines régionaux et la côte

Relief de l’Aquitaine
Le département des Landes partage avec celui de la Gironde les parties les plus basses du bassin sédimentaire délimitées au nord-est par la vallée de la Garonne qui trace la limite des influences du Massif central. Au sud-est et au sud, le piémont des Pyrénées s’avance dans le quart sud du département.
Source IGN - Geoportail

Du fait de cette dissymétrie et de l’importance prise par la plaine située au centre du bassin sédimentaire, l’Aquitaine se répartit schématiquement en trois grands domaines.
 Un premier domaine concerne les marges nord et est du bassin : des paysages de plateaux souvent calcaires qui vont des bordures des massifs anciens (Massif central surtout, mais aussi Massif armoricain) aux côtes de la Charente et à la vallée de la Garonne. Ce domaine ne concerne pas ou très peu le département des Landes ;
 Sur la marge sud du bassin d’Aquitaine, un deuxième domaine correspond aux paysages du piémont, qui recouvrent, à l’aval des Pyrénées, les sédiments plus anciens. Ce domaine couvre le sud du département ;
 Au centre, la plaine des Landes, couverte de sables occupe la majeure partie du département ;

Enfin, le paysage départemental comprend une longue façade océanique, coupure nette qui complète ce schéma régional.


  Un département particulièrement « jeune »

L’histoire géologique se précise à partir de l’ère Secondaire, lorsque le mouvement des plaques tectoniques ibérique et européenne crée un fossé d’effondrement dans lequel se déposent des sédiments, principalement d’origine marine, qui s’enfoncent au fur et à mesure de leur accumulation (subsidence). Cette accumulation atteint son maximum dans des fosses situées sous le département jusqu’à une profondeur d’environ 11 000 mètres pour les plus profondes (fosse de Parentis, fosse de l’Adour). Cette situation de centre de bassin vaut notamment au département ses altitudes modestes.
Durant les périodes géologiques plus récentes (fin du Tertiaire, Quaternaire), deux événements vont contribuer à former le cadre géographique particulier du département : le ruissellement issu des Pyrénées et les accumulations éoliennes des périodes froides.

À l’aval des Pyrénées, dont le soulèvement date d’environ 40 millions d’années (Éocène, cf. échelle stratigraphique ci-dessus), les produits d’érosion, molasses, galets et autres débris dévalent vers le nord et se déposent en nappes successives, recouvrant les couches plus anciennes du bassin sédimentaire. Tous ces dépôts continentaux, qui débutent donc à la fin du Tertiaire, masquent en grande partie les constituants géologiques antérieurs, ne les laissant apparaître qu’en quelques situations où des déformations les font remonter vers la surface.
A ce jeu, où les derniers arrivés décident du paysage plus que les précédents, le Quaternaire va apporter la dernière touche, recouvrant les épandages antérieurs par des terrasses successivement déposées et creusées par les cours d’eau au gré des variations climatiques (glaciations et interglaciaires) et, enfin, saupoudrant le tout par d’ultimes placages de sables et de limons.

L’extension ainsi prise par des dépôts quaternaires sous diverses formes n’a guère d’égal en France à l’échelle départementale.


  Peu de roches dures mais des galets, de l’argile, et surtout du sable

La rareté des affleurements du Secondaire a pour effet de limiter la présence de roches dures compactes sur le département au bénéfice des formations meubles.

Ainsi, les formations Secondaires n’affleurent que lorsqu’elles ont été réhaussées par des mouvements tectoniques locaux, elles occupent alors souvent des positions plus hautes que les formations Tertiaires voisines, molasses souvent gréseuses, puis Sables Fauves et Glaises Bigarrées qui terminent la période de sédimentation marine à laquelle succède des dépôts fluviatiles.

Au Quaternaire, un important empilement de terrasses glaciaires crée de nouveaux plateaux, bientôt érodés en vallées comblées par de nouvelles alluvions. Enfin, pour la partie Nord du département, des sables d’origine éolienne se déposent en plaine. La relation entre l’histoire géologique et l’altitude des plateaux est donc souvent inversée : les points les plus hauts (sud-est du Tursan) appartiennent aux terrasses glaciaires, les collines du début du Secondaire (Trias) sont à une altitude comparable à celles de la fin du Tertiaire (Miocène, Pliocène)…

Carte géologique
Source : BRGM carte géologique de Nouvelle-Aquitaine au 1/250 000, 2019

On voit dans cet inventaire que les formations meubles, des plus fines (argiles) aux plus grossières (galets) prennent une place importante. L’épaisseur et la variation des proportions entre les différents constituants ont peu de traduction en termes de reliefs mais déterminent les variations des sols.

Carte des affleurements géologiques contenant des galets
Les galets peuvent être plus ou moins nombreux et à différentes profondeurs, des formations sableuses ou argileuses peuvent les recouvrir.

  L’importance du Sable des Landes

Les Landes de Gascogne évoquent le sable qui, sous l’appellation Sable des Landes, principalement apporté par le vent à la fin du Quaternaire, correspond au dernier étage du comblement du bassin d’Aquitaine, déposé sur plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur sous la forêt landaise. Mais le transport éolien n’a pas de limites fixes et en réalité, ce sable de plaine a été saupoudré en surface bien au-delà de ce que suggère la simple lecture des cartes géologiques, masquant en partie les couches qui la supportent, ou s’y mêlant.

Carte des dépôts éoliens en Aquitaine
La carte montre l’extension réelle des sables et des limons éoliens au-delà du plateau landais.
D’après Luca Sitzia, Pascal Bertran, Chantal Leroyer
Faciès et chronologie du Sable des Landes : la coupe de Cestas-Pot-aux-Pins,
Quaternaire Continental d’Aquitaine, excursion AFEQ - ASF 2012

Formations géologiques contenant du sable
Si on ajoute au Sable des Landes les Sables Fauves et les autres formations sableuses, la surface totale des terrains à dominante sableuse est particulièrement étendue dans le département.
 

 
Lors des dernières périodes froides et jusqu’aux temps historiques, les derniers déplacements de sable ont construit des dunes. Il s’agit principalement des dunes littorales qui forment un relief particulier sur une bande de 4 à 7 kilomètres depuis le rivage, mais aussi de dunes plus isolées à l’intérieur du plateau landais.


  Un climat certes océanique, mais des gradients importants

Le climat du département, nettement océanique, présente un gradient pluviométrique nord-sud et un gradient est-ouest lié à la continentalité.
Le caractère océanique limite le nombre de jours froids et modère les périodes de forte chaleur. Les précipitations sont plus abondantes l’hiver mais sont présentes toute l’année (autour de 130 jours de pluie par an).

Le climat des landes
Source : D. Joly et al, Les types de climats en France, une construction spatiale, Cybergeo, 2010

Vers le sud, et surtout le sud-ouest (bas-Adour) l’influence orographique des Pyrénées provoque une augmentation des précipitations. Il pleut nettement plus à Capbreton (1300 mm) ou Saint-Martin-de-Seignanx (1400 mm) qu’à Biscarrosse ou à Sore (900 mm).
Vers l’est, les amplitudes s’accroissent sensiblement dès qu’on s’éloigne de quelques kilomètres de la côte, passant d’un climat océanique franc à un climat océanique altéré où le nombre de jours froids ou très chauds augmente.
Cet effet atteint son maximum vers le centre du département où l’été devient régulièrement plus sec, le climat prenant alors des accents méditerranéens. Mais cette tendance ne s’affirme pas au-delà de la partie centrale, car en s’approchant des frontières du Gers et du Lot-et-Garonne, l’accroissement du nombre de jours de gel et de son intensité se font sentir.

Pluviométrie
L’observation à l’échelle nationale permet de lire les caractéristiques départementales : la carte des précipitations montre leur abondance sur le département des Landes, l’un des seuls à connaître des hauteurs supérieures à 1400 mm hors zone de montagne. Elle en montre également le contraste à l’intérieur du département.
Source : meteo-express.com
Nombre de jours de gel
L’accroissement vers l’est du nombre de jours de gel est significatif

  Drainage et canalisation, un réseau hydrographique en partie domestiqué

Le réseau hydrographique du département se partage entre 2 bassins versants principaux : celui des fleuves côtiers atlantiques et celui de l’Adour. Sur une frange nord-est, les bassins du Ciron et de la Gélise sont toutefois tributaires de la Garonne.
A l’exception de la Leyre qui rejoint le bassin d’Arcachon, les fleuves côtiers forment un réseau assez régulier orienté vers l’ouest qui traduit l’homogénéité morphologique du plateau landais. Le cordon dunaire qui fait barrage à l’écoulement a provoqué l’apparition des différents étangs qui longent le bord des dunes à l’est. Le franchissement des dunes se fait ensuite par des « courants » qui s’échappent des étangs pour rejoindre l’océan (Pour en savoir + voir Les Courants Landais). Leur tracé souvent canalisé est aujourd’hui fixé, mais ils ont connu dans l’histoire différents changements de tracés.

Du côté de l’Adour, le réseau présente un aspect dissymétrique entre la rive droite, aux ramifications assez régulières, aux vallées généralement peu creusées, et la rive gauche où les affluents globalement orientés vers le nord-ouest présentent des tracés et des formes de vallées plus variés. Plus encore que les petits fleuves côtiers, l’Adour a connu différents tracés dans sa partie aval, ne rejoignant les gâves que depuis la fin des glaciations, et l’océan à Tarnos depuis 1578. Une partie de ces changements est résumée dans cette courte vidéo (Le cours historique de l’Adour).

En relation avec le climat aux précipitations assez abondantes, la densité des cours d’eau est élevée, particulièrement sur les parties hautes des plateaux où le drainage artificiel complète le réseau naturel. En effet l’imperméabilisation des sols par migration d’argile ou formation d’Alios provoque un excès d’humidité en partie éliminé à partir du XIXe par le creusement de fossés de drainage appelés crastes.
Outre le renforcement du réseau hydrographique, les crastes en modifient localement l’orientation, lorsque le plateau peu incliné permet de choisir la direction de l’écoulement. C’est ainsi qu’apparaissent sur la carte du réseau hydrographique les formes géométriques de ces canaux.

Réseau hydrographique
Source : IGN - BD Topo


  Sources

 Brgm, Notices des cartes géologiques au 1/50 000
 Brgm, Carte géologique harmonisée du département des Landes - notice technique, 2007
 Brgm, Carte géologique numérique à 1/250 000 de la région Aquitaine. Notice technique, 2019
 Voir également les sources citées dans le texte

Voir aussi