Dynamiques et enjeux paysagers des Grands Lacs du Born

Dernière mise à jour : 5 septembre 2023

  DYNAMIQUES

La comparaison des cartes et photos aériennes permet de révéler les évolutions du paysage. L’exemple choisi se situe aux alentours de Biscarrosse.

Les Grands Lacs du Born au XIXe siècle

Biscarrosse, Carte d’Etat-Major 1820-1866

La carte d’Etat-major montre un cordon littoral inhabité, composé de dunes sableuses (rose) et de lettes humides (vert-bleu). L’essentiel du territoire est occupé par des landes (sèches en rose, humides en bleu). Humides en hiver, elles constituaient en saison sèche des terrains de parcours pour les troupeaux de moutons.
Les forêts (en jaune-vert) sont encore peu répandues, la plus importante étant la forêt usagère de Biscarrosse qui accorde depuis le XIIIe siècle un droit d’usage aux habitants et paroissiens de Biscarrosse. Les lois de 1857 et 1860 obligeant les communes à assainir et à boiser leurs landes vont entrainer un boisement massif en quelques décennies des terres de pacage.
A l’abri du cordon dunaire, l’habitat est dispersé en une multitude de petits quartiers et d’airials regroupant chacun plusieurs fermes.
Le canal des Landes reliant le bassin d’Arcachon aux étangs de Cazaux-Sanguinet et de Biscarrosse-Parentis a été utilisé pour la régulation des eaux et la navigation jusqu’en 1860. Le transport fluvial sera abandonné par la suite en raison de l’ensablement de l’ouvrage et de la concurrence des voies ferrées.

Les Grands Lacs du Born au milieu du XXe siècle

Biscarrosse, Photographie aérienne 1950-1965

La photographie aérienne des années 1950-65 permet de préciser l’occupation du sol.

La pinède omniprésente

Les pins plantés depuis le milieu du XIXe siècle ont conquis la presque totalité du territoire ne laissant plus que quelques petites clairières agricoles à proximité des airials. En quelques décennies s’est mis en place une économie forestière tournée vers la gemme, les scieries et les papeteries. On peut distinguer à l’ouest la forêt dunaire domaniale, qu’elle soit de protection ou de production, avec ses vastes parcelles délimitées par une trame orthogonale de grandes pistes pare-feu. A l’est, la pinède est composée d’une mosaïque de petites parcelles privées.
Les espaces agricoles sont désormais réduits à quelques hectares maintenus autour des principaux quartiers d’habitation.

Le tourisme balnéaire

Le développement des stations balnéaires prend son essor à partir du XXe siècle : les bourgs de Biscarrosse et de Mimizan ont ainsi commencé à grandir, tandis que des villas sont implantées en front de mer sur les extensions littorales des deux stations, bâties autour d’une trame viaire orthogonale. Cette tendance est renforcée à partir des années 1960 par un tourisme de masse. Face à ce phénomène, la Mission Interministérielle pour l’Aménagement de la Côte Aquitaine (MIACA) présentera en 1972 le Schéma d’Aménagement de la Côte Aquitaine qui propose un aménagement maîtrisé de la côte aquitaine.
On peut noter que les abords des lacs ne sont pas impactés par le tourisme à cette époque.

Les Grands Lacs du Born aujourd’hui

Biscarrosse, Photographie aérienne 2018

La photographie aérienne contemporaine met en évidence plusieurs évolutions qui transforment le territoire.

L’explosion urbaine

Le bourg de Biscarrosse occupe désormais une très vaste superficie. Il est ainsi passé d’une superficie d’1km2 dans les années 1960 à plus de 7km2 en 2022. Sur la côte, Biscarrosse-Plage s’est également développé. Au front de mer initial relativement dense, d’1 km de long, s’est ajouté en arrière-plan une vaste extension de petites villas et de pavillons sous les pins qui couvrent désormais une superficie de plus de 5 km2.

Les campings et équipements touristiques

A côté des extensions urbaines, les extensions touristiques ont conquis de très vastes emprises. Avec le passage des toiles de tentes aux mobil-homes, campings et golfs constituent désormais de véritables petites villes autonomes implantées à proximité du littoral mais aussi aux abords des lacs. L’essor du tourisme lacustre se traduit également par l’aménagement de ports de loisirs sur les berges et par une urbanisation un peu anarchique par endroits, au final beaucoup moins maitrisée que sur le littoral. Ces évolutions ont accéléré la disparition des espaces agricoles.

La forêt "militaire"

Les forêts domaniales de Biscarrosse et de Ste-Eulalie sont depuis 1962 devenues terrain militaire dédié au centre d’essai de lancement de missiles. Le massif dunaire est donc interdit au public.





  ENJEUX PAYSAGERS

Dans les Grands Lacs du Born, les enjeux paysagers principaux sont liés à la valorisation de la présence de l’eau, à la qualité des lisières forestières et à la maîtrise des extensions urbaines.

Cliquer sur le bloc-diagramme pour faire apparaitre les principales pistes d’actions

Conforter la présence de l’eau

Dans cette unité paysagère, l’eau est l’élément incontournable qui compose les paysages et a un très fort pouvoir attractif. Elle se décline sous de nombreuses formes avec l’étendue calme des lacs, l’océan infini et tumultueux, les courants et ruisseaux traits d’union avec la Grande Lande et modulant la forêt. Ici on ne la cherche pas, elle se révèle d’elle-même, se déclinant dans un rapport d’intimité ou d’immensité. L’afflux d’une fréquentation touristique importante a mis en place des plans-plages qui sont en cours ou à venir, notamment pour les lacs. L’eau constituant l’atout majeur de ce territoire, toute occasion de la côtoyer ou la découvrir est à considérer. Les enjeux tournent autour de la qualité des accès à l’eau, de la gestion de la végétation révélant des ambiances et des milieux attractifs, et de l’aménagement de ses abords sans dénaturer les lieux. Cette dynamique de valorisation doit également appuyer la démarche Trame verte et bleue des liaisons écologiques.

Pistes d’actions envisageables
 Créer un sentier du tour des lacs mettant en valeur leur diversité et les vues, tout en préservant les espaces de biodiversité et les usages locaux (chasse, pêche, …).
 Créer un cheminement le long du courant pour relier les lacs à l’océan.
 Aménager avec soin les abords de l’urbanisation sur le courant, les lacs ou l’océan.
 Donner accès à l’eau. Créer ou rouvrir des chemins. Retrouver des accès et des emprises publiques le long des cours d’eau dans ou à proximité de l’urbanisation.
 Tisser des liens doux entre l’urbanisation et l’eau.
 Aménager les espaces publics attractifs le long de l’eau.
 Recomposer les espaces publics du front de l’océan en raison de l’érosion du littoral.
 Gérer la végétation pour voir l’eau depuis les points de passage au-dessus des crastes, des courants, des rivières. Mettre en valeur les petits ouvrages autour de l’eau.
 Mettre en valeur les sites particuliers en bord de lacs : pins âgés arrivant jusqu’à l’eau, petites plages intimes qui se succèdent, queues d’étangs et leurs roselières, perspective du canal…
 Utiliser des techniques douces pour la stabilisation des berges. Proscrire le béton et les enrochements.
 Utiliser les leviers d’actions de la politique Trame Verte et Bleue.

Travailler l’image de la forêt

La forêt de pins forme la toile de fond du paysage. Symbole du département des Landes, elle constitue un élément identitaire fort. Généralisée il y a finalement peu de temps, à la fin du 19e siècle, la culture du pin offre aujourd’hui une image rigoureuse de jeunes plantations ordonnées ou de troncs alignés régulièrement, aux effets graphiques indéniables et variés malgré l’utilisation d’une même espèce. A cela s’ajoute des parcelles de feuillus ou encore de colonisations temporaires par la molinie, les genêts ou les ajoncs dans l’attente des plantations. N’oublions pas que la présence de la forêt a un pouvoir attractif pour le tourisme. Elle est finalement devenue emblématique et mérite donc une réflexion quant à son évolution et son image. L’implantation et la conservation ciblée d’une ossature d’arbres feullus, de sujets repères ou encore des modes de culture plus jardinés, l’atténuation de l’impact des chantiers forestiers, gagneraient à être envisagées. Comme sur toute la bande littorale, l’enjeu de l’image de la forêt mérite réflexion.

Pistes d’actions envisageables
 Cibler des secteurs plus sensibles, des sites touristiques ou en périphérie de clairières habitées pour mettre en place une forêt jardinée (mixte ou de pins) avec la conservation de sujets âgés.
 Utiliser les terrains communaux ou domaniaux pour tester des gestions plus diversifiées.
 Retrouver et maintenir une diversité dans la couverture forestière. Eviter les coupes à blanc sur de trop grandes surfaces. Fractionner les plages d’intervention.
 Conserver des sujets en bordure ou dans les parcelles au moment de l’exploitation.
 Conserver des îlots de sénescence et garder des sujets âgés comme points de repères. Préserver des bandes pérennes de pins majestueux. Garder des pins âgés comme points de repère.
 Animer les lisières le long des axes routiers. Moduler les lisières pour apporter une diversité. Planter spécifiquement certaines lisières qui resteront en place.
 Privilégier les boisements mixtes ou feuillus sur les lisières les plus visibles. Varier les essences sur les premiers rangs en choisissant des essences locales.
 Préserver et dégager des arbres remarquables en lisière. Maintenir quelques vieux chênes.
 Maintenir et renouveler les alignements d’arbres feuillus le long de certaines routes.
 Créer des transitions arborées feuillues avec les cours d’eau ou les petites rivières.
 Atténuer l’impact des chantiers d’exploitation (chemins, andains, stockage des grumes). Conserver des arbres dans les parcelles lors des coupes.
 Concilier propriété privée et accès public aux forêts. Questionner les clôtures dans les espaces forestiers : éviter leur généralisation et si nécessaire, les implanter 10 m en retrait de la lisière.

Valoriser les itinéraires routiers et les circulations douces

La route principale (RD 652), reliant les différents bourgs, concentre les flux et longe les lacs sans les dévoiler. Elle offre des traversées forestières dont il est important de travailler les lisières : conservation de beaux sujets, éclaircies des plantations, choix d’essence variées… Les traversées forestières peuvent être animées par la mise en valeur des carrefours, qu’il s’agisse de simples croisements, d’entrée de pistes forestières ou de grands carrefours. Cela rejoint également des préoccupations de sécurité routière de lisibilité des carrefours. Une attention particulière devrait être portée à l’aménagement des routes qui ont été colonisées par l’urbanisation et les axes d’entrée de bourg. Elles ont alors un caractère à la fois de transit et d’accès aux habitations, et voient fleurir de nombreux aménagements « de sécurité » qui leurs confèrent un caractère périurbain souvent peu qualitatif. Leur aménagement en boulevard ou en rue plus « urbaine » mérite d’être étudié. Les vues vers l’eau depuis les routes sont rares, sauf le long de la Vélodyssée ou depuis la route offrant des belvédères sur le lac vers les Hourtiquets. Ces situations méritent une valorisation particulière pour travailler la qualité des stationnements ou du site plus globalement. L’accès aux lacs se fait également en empruntant le plus souvent les voies en impasse. Ces itinéraires secondaires, utilisés finalement aussi en mode « doux » complètent les pistes cyclables formant un réseau attractif à compléter au fil du temps. Une mention spéciale concerne la mise en valeur de la RD146 entre le bourg de Biscarrosse avec la traversée des reliefs du massif dunaire très évocateur avant l’arrivée à l’océan.

Pistes d’actions envisageables
 Mettre en place des chartes d’itinéraires. Prendre en compte le paysage perçu depuis les routes (séquences paysagères, abords directs, contraste forêt clairière…).
 Valoriser les événements jalonnant les parcours : carrefour, clairière, pont, arbre remarquable…
 Moduler les lisières forestières. Conserver des arbres anciens en bordure des parcelles pour accompagner la route. Proposer des lisières de feuillus pérennes par endroits.
 Porter une attention à l’aménagement des carrefours. Dégager une clairière autour du carrefour. Planter ou conserver un ou plusieurs arbres remarquables, signalant l’intersection. Planter une ligne d’arbres formant la lisière autour du grand carrefour.
 Conforter ou aménager des aires d’arrêt attractives aux endroits clés du paysage pour compléter l’offre en lien avec l’eau. Les relier à des réseaux de chemins existants.
 Utiliser un vocabulaire simple adapté au contexte pour les équipements routiers.
 Aménager les entrées et les traversées de bourg. Maîtriser l’urbanisation limitrophe de la voie, autour des carrefours ou des échangeurs. Utiliser des alignements d’arbres pour redonner une unité au tissu bâti disparate.
 Améliorer les abords des zones d’activités en façade sur la route. Limiter l’affichage publicitaire et les enseignes en entrée de bourg.
 Conforter des réseaux de chemins à des endroits stratégiques pour percevoir le paysage : forêt communale, accès à l’eau, parcours sportifs à caractère naturel…
 Relier les voies vertes au reste du territoire.
 Préserver un maillage de chemins publics autour des villages et des bourgs.

Mettre en valeur les espaces publics

Après les traversées forestières, l’entrée du bourg doit marquer le passage de la route à la rue et donner une image positive annonçant la qualité interne des lieux. Un centre-bourg animé et habité, avec des espaces publics de qualité joue un grand rôle pour l’image de la commune, notamment dans les Grands Lacs du Born, avec l’afflux important des visiteurs dans les bourgs. Les espaces publics constituent également le cadre quotidien des habitants, participant à l’attractivité des communes et sont aussi les supports de manifestations comme les marchés. Il est intéressant de continuer à créer des espaces publics de qualité structurants pour relier les nouveaux quartiers au centre bourg, mais aussi de retrouver des liens avec l’urbanisation « touristique » des campings. Les emprises publiques permettent aussi de créer des transitions bienvenues avec la forêt ou les espaces naturels. La présence des lacs et de l’océan, ou encore de la forêt, induit toute une fréquentation étendue d’espaces publics très diversifiés. Dans ces environnements ruraux ou naturels, il est important que les aménagements conservent une belle simplicité, respectent les sites et aident à les révéler.

Pistes d’actions envisageables
 Conserver l’esprit et l’harmonie des lieux dans les aménagements des espaces publics.
 Préserver le cachet des places et les mettre en valeur. Trouver un équilibre entre stationnement et convivialité des espaces publics. Révéler l’histoire et soigner la qualité des aménagements.
 Respecter et valoriser le caractère rural ou balnéaire des centres des villages et des bourgs. Privilégier l’utilisation de matériaux locaux dans les aménagements. Utiliser un vocabulaire simple mais de qualité pour les aménagements des espaces publics : sol sablé, pierre, arbres, herbe, suffisent dans bien des cas à composer des espaces de qualité.
 Recomposer les espaces publics du front de l’océan en raison de l’érosion du littoral. Privilégier des aménagements plus souples, dans l’esprit du milieu dunaire littoral.
 Conserver ou replanter des arbres de haut jet dans les espaces publics. Utiliser l’arbre pour climatiser les espaces publics.
 Privilégier les surfaces enherbées ou sablées au bitume. Maintenir les bas-côtés enherbés le long des rues. Préserver des espaces ouverts autour du village.
 Mettre en valeur des routes d’arrivée. Aménager les entrées pour marquer une transition vers le village ou le bourg.
 Utiliser l’arbre à bon escient pour structurer l’espace des entrées (alignement) ou des places (mail). Préserver, gérer, voire développer les mails de platanes palissés sur les places publiques emblématiques.
 Prévoir dans toute extension urbaine des espaces publics en lien avec le centre bourg.
 Composer, suivant les cas, avec le passage de la rivière, le bord de lac ou de l’océan.

Maîtriser les extensions urbaines

Cette unité paysagère présente une grande diversité d’urbanisation avec les centres plus anciens, les antennes littorales, les constructions proches des rives des lacs ou encore les villages dans la forêt. A cela est venu s’ajouter les extensions ou encore les campings avec les mobil-homes. Pour préserver la qualité paysagère il est important de conserver une grande partie des coupures non-bâties et d’éviter les extensions urbaines linéaires le long des routes. La vigilance doit donc rester forte quant à la localisation et à la qualité des développements futurs. La réflexion doit porter sur la dynamisation des centres-bourgs, en recréant de véritables projets urbains (densification, centralité commerciale, espaces publics de qualité…), plutôt que de systématiquement construire en périphérie du bourg. Il est intéressant de réfléchir à la forme et à l’implantation des nouvelles constructions, aux connexions avec le centre-bourg et à un développement harmonieux avec le site d’implantation du village. L’enjeu est de créer de véritables quartiers, reliés au centre, plutôt que des lotissements stéréotypés en vase clos, sans lien avec la logique urbaine du bourg. La construction d’un nouvel équipement est aussi l’occasion de reconsidérer l’organisation des villages avec harmonie.

Pistes d’actions envisageables :
 Prôner un développement durable et économe de l’espace dans les documents d’urbanisme. Proscrire l’urbanisation linéaire et le mitage. Adapter le développement du bourg à l’objectif de Zéro Artificialisation Nette des sols.
 Sur le littoral, intégrer le recul du trait de côte dans la planification de l’urbanisme et dans l’aménagement urbain. Anticiper le repli sur les territoires arrière-littoraux.
 Affirmer les entrées de bourg et requalifier les voies d’accès.
 Redynamiser l’habitat en centre bourg. Accompagner les mutations du bâti pour s’adapter aux usages d’aujourd’hui.
 Requalifier les extensions urbaines en faisant appel à l’urbanisme végétal en lien avec le réchauffement climatique. Prévoir des espaces publics structurants ou de liaisons.
 Travailler sur le renouvellement urbain et maitriser les formes urbaines. Envisager d’autres formes d’urbanisation que le lotissement au profit de quartiers reliés avec le centre bourg.
 S’inspirer de l’airial pour la création éventuelle de nouveaux quartiers d’habitation.
 Préserver la silhouette groupée des villages et des bourgs. Etre vigilant sur l’emplacement, les volumes et les couleurs des nouvelles habitations. Favoriser l’alignement des façades et la mitoyenneté qui font le charme des centre-bourgs denses.
 Préserver un maillage de chemins autour des villages. Instaurer des transitions avec les espaces forestiers ou agricoles.
 Veiller à l’impact paysager des bâtiments d’activités en périphérie. Requalifier les abords des zones d’activités situées le long des axes et des entrées de villes. Maitriser la qualité architecturale des bâtiments d’activités : volume, implantation, couleur…

Accueillir dans le respect des sites

Les paysages des Grands lacs accueillent une forte fréquentation estivale. Il est important d’avoir une approche globale et concertée, au-delà des limites strictes des lieux visités pour conserver un équilibre et une harmonie d’ensemble sur ce territoire. Les milieux naturels et les activités forestières, agricoles, ou de gestion (pâturage) sont également à utiliser comme éléments de découverte. Des choix sont nécessaires pour proposer différents modes de fréquentation et d’accès.
Les aménagements d’accueil conditionnent pour partie la qualité des sites touristiques. Certains sites bénéficient d’une fréquentation pouvant être importante, qui nécessite un encadrement et une attention pour les aménagements, afin de ne pas détruire ce qui en fait l’émotion. Les routes et chemins d’accès méritent ainsi une gestion appropriée. Les aires de stationnement, traitées avec sobriété, sont à positionner judicieusement, en retrait des sites pour permettre une approche pédestre. Les aménagements d’accueil doivent privilégier un mobilier et une signalétique sobres et discrets. Il est important également de maitriser l’implantation des enseignes liées aux activités touristiques qui peuvent rapidement banaliser les lieux. Concilier la fréquentation touristique avec la préservation de la singularité des paysages constitue donc un fort enjeu.

Quelques pistes d’actions envisageables
 Valoriser les paysages et les sites emblématiques par un plan de paysage.
 Favoriser les approches pédestres ou cyclables et pas uniquement automobiles.
 Prévoir des aménagements de qualité et respectant les lieux, rechercher une discrétion des aménagements.
 Etudier l’insertion paysagère des installations touristiques : bâtiments, campings, stationnements... (haies, clôtures, accès, transition avec les routes…).
 Soigner les abords des campings : affichage discret, limites végétalisées, bâtiments et mobile homes privilégiant des couleurs sombres plus discrètes, parkings arborés, utilisation d‘une palette végétale locale...
 Maîtriser le développement des ports sur les lacs. Conserver des installations de petite taille qui ne dénaturent pas les lieux. Eviter les maçonneries et les enrochements.
 Promouvoir un balisage et une signalétique discrets et efficaces. Positionner judicieusement les panneaux d’information pour éviter les concurrences visuelles ou de masquer des vues. Règlementer et organiser l’affichage touristique.
 Aménager des stationnements sobres et judicieusement placés. Eloigner les stationnements des abords immédiats des plages. Eviter un traitement routier des stationnements. Privilégier un ombrage de ces espaces. Accompagner les aires de stationnement d’un projet paysager.
 Insérer avec simplicité et qualité les pistes cyclables aux espaces naturels.
 Analyser l’aménagement des sites en fonction de leur obsolescence et de l’évolution de la fréquentation. Lancer de nouveaux projets d’aménagements plus adaptés.
 Nettoyer régulièrement les sites en démantelant les mobiliers inutiles ou en déshérence : vieilles clôtures, panneaux…